Quatrième Amendement – Les conservateurs sont-ils en faveur d’un état policier?

4 décembre 2020
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Dans l’imaginaire des biens des gens, une force de police dans un monde conservateur serait une force politisée, abusive, achetable, violente, violant droits et libertés. On s’imagine la Gestapo ou des Gardiens de la Révolution. Or, rien n’est moins vrai. Cette force de police en question est une police dans un monde totalitaire et non dans un monde conservateur. L’amalgame entre les deux est une invention de propagandistes socialistes. Ne vous laissez pas berner.

Dans cette série de textes, je réponds à la question « qu’est-ce que les conservateurs veulent véritablement conserver? ». La question est plus complexe qu’elle le semble et bien des fervents conservateurs ne sauraient vraiment comment y répondre clairement.

Ce que le conservatisme veut conserver, ce sont les valeurs et le projet qu’avait l’Amérique au moment où sa destinée s’est séparée d’avec celle de l’Europe, soit au moment de la révolution américaine et des premières années de construction de ce nouveau pays. Et la meilleure façon de comprendre cette vision de l’Amérique autonome et libérée est de regarder le texte constitutif du pays qui a été adopté à la grande majorité des leaders de l’époque dont plusieurs sont parmi les plus grands penseurs de tous les temps. Une constitution écrite très simplement (elle fait 7 articles à l’origine auxquels les pères fondateurs vont ajouter par la suite un bloc de 10 autres articles, nommé le Bill of Right, quelques années plus tard).

Regard aujourd’hui sur le Quatrième Amendement et la vision qu’avaient les fondateurs du rôle de la police dans un monde post-Europe.

« Le droit des citoyens d’être garantis dans leur personne, leur domicile, leurs papiers et leurs effets contre les perquisitions et saisies non motivées ne sera pas violé et il ne sera émis aucun mandat si ce n’est sur présomption sérieuse, corroborée par serment ou déclaration solennelle et décrivant avec précision le lieu à perquisitionner et les personnes ou choses à saisir. »

Quatrième Amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique (Traduction française)

On est très loin de la police militaire de la propagande gauchiste. Thomas Jefferson et ses compères parlaient plutôt de limiter le pouvoir de la police. L’amendement dit que les policiers ne peuvent entrer de force chez quelqu’un sans mandat, et que les mandats doivent être émis que pour des motifs sérieux et être très précis dans son application.

Le conservatisme c’est être contre un état policier, c’est également refuser de voir une force policière comme au-dessus du citoyen lambda. En fait, la sécurité publique doit être la tâche de tout citoyen. Les policiers ne sont que des employés professionnels à qui les citoyens ont donné un mandat de tenir ce rôle à temps plein, rien de plus.

C’est quelques décennies plus tard que l’Europe emboitera le pas alors que Robert Peel, qui allait plus tard devenir premier ministre britannique, a entrepris une réforme de la police et émis ses « principes peeliens »

  1. La fonction essentielle pour laquelle la police existe est la prévention de la délinquance et des désordres.
  2. La reconnaissance constante que le pouvoir qu’a la police d’accomplir ses fonctions et devoirs dépend de l’approbation qu’a le public de son existence, de ses actions et de son comportement, mais également de la capacité de la police à acquérir et conserver le respect du peuple.
  3. Reconnaitre qu’acquérir et conserver le respect et l’approbation du public implique également l’obtention de la coopération volontaire dudit public pour faire respecter les lois.
  4. Reconnaitre en permanence que l’étendue de la coopération qu’on réussit à obtenir du public réduit d’autant la nécessité de l’utilisation de la force physique et de la coercition pour atteindre les objectifs de police.
  5. Rechercher et préserver la faveur du peuple, non pas en flattant l’opinion publique, mais en démontrant constamment un service absolu et impartial de la loi, de manière complètement indépendante de la politique, et sans considération envers la justice ou l’injustice de la substance de chaque loi, en mettant facilement à disposition une aide individuelle et amicale à tous les membres du public sans considération de leur richesse ou statut social, en utilisation facilement la courtoisie et un humour bon et amical, et en étant prêt au sacrifice de soi pour protéger et préserver la vie.
  6. De n’utiliser la force physique que quand l’utilisation de la persuasion, du conseil et des avertissements s’avère insuffisante pour obtenir assez la coopération du public pour obtenir le respect de la loi ou le retour de l’ordre, et d’utiliser uniquement le degré minimum de force physique dont on a besoin en une occasion donnée pour accomplir un objectif de police.
  7. De maintenir en toutes circonstances une relation avec le public qui donne réalité à la tradition historique selon laquelle la police est le public et le public est la police, les policiers n’étant que des citoyens qui sont payés pour accorder leur attention pleine et entière à des devoirs qui incombent à chaque citoyen concerné par le bien-être et l’existence de la communauté.
  8. Reconnaitre sans cesse le besoin d’une adhésion stricte aux fonctions exécutives de la police, et se retenir de fût-ce paraitre usurper les pouvoirs de la magistrature, venger des individus ou l’état, ou encore d’autoritairement juger quelqu’un coupable et punir les coupables.
  9. Être constamment conscient que l’efficacité de la police se mesure à l’absence de crime et de troubles, et non pas via la preuve visible de l’action policière dans leur répression.

On a l’impression aujourd’hui dans notre société que l’esprit du 4e amendement et des principes peeliens ont été laissé de côté. La confiance entre la police et la population s’est effritée et cette tension est devenue un terreau très fertile pour les groupes radicaux, assez forte pour convaincre des étudiants sans histoire en pilleurs et activistes communistes.

En tant que conservateurs il est de notre devoir d’utiliser notre militantisme (et que ce soit au sein ou à l’extérieur d’un parti politique) pour retrouver ces principes de collaboration entre la population et les forces policières. À chaque semaine ou nous laissons cette tension grandir nous perdons de plus en plus de terrain au profit de groupes qui n’hésiteront pas, eux, à imposer un état policier afin de gérer la vie de tous et chacun.

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Bill of Rights · Conservatisme · Histoire · U.S.A.

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