MBC à TLMEP; développons un peu.

9 décembre 2020
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L’entrevue de Mathieu Bock Côté à l’émission « Tout Le Monde En Parle » (TLMEP) dimanche dernier aura rendu un fier service à la liberté d’opinion au Québec, et encore plus à la liberté d’expression. Elle aura permis enfin de remettre les pendules à l’heure et redéfinir les limites du raisonnable. Surtout, ne craignons pas de l’avouer, elle aura injecté (enfin!) un peu de raison chez deux individus qui se font souvent les porte-paroles d’une gauche lyncheuse, dégradante, et sarcastique. Ce dimanche toutefois, leurs tentatives se sont retrouvé au tapis. (Cliquez ici pour voir notre description de la rencontre.)

Tactique populiste

MBC ne se décrit pas comme étant forcément de droite, alors pourquoi la droite l’aime-t-elle? Parce qu’il a cette habitude de toujours tenter de baser ses raisonnement sur la raison objective, un peu comme le préconisait aussi Ayn Rand, alors qu’au contraire les 2 Inquisiteurs de TLMEP basent plutôt leurs idéaux sur le populisme* qui, lui, n’a rien à voir avec la raison et les faits. Bien qu’ils tentent de faire semblant qu’ils sont raisonnables, dans les faits ils utilisent et manipulent les sentiments de leurs spectateurs. C’est un peu la définition même du mot.

*Populisme : Dans son acception générale actuelle le mot populisme désigne une approche s’adressant aux classes populaires – imaginaire ou réel, majoritaire ou identitaire – et fondée sur des critiques qui ont tendance à opposer le peuple aux élites en développant un discours fondé sur une triple méfiance : 1) à l’endroit de certaines élites (partis, députés, fonctionnaires) ; 2) à l’endroit d’un prétendu système caché (complot) qui trahirait les intérêts fondamentaux du peuple et 3) à l’endroit d’entités ou de mouvances internationales -entreprises, organisations, migrations, etc..

(J’ajouterais qu’il n’y a pas de meilleure et plus sournoise tactique pour manipuler ceux qu’ils pourraient considérer comme étant… « le p’tit peuple »).

Le Fou qui eut l’air fou

À seulement 2,23 min. dans l’entrevue le Fou a tenté de manifester sa présence en interrompant son roi pour dire : « Pas besoin de lui poser d’autres questions, il va… ». Dany souhaitait ainsi exprimer que l’invité parlait trop.

Je soulignerais, après avoir vérifié, que Mathieu n’avait pas dépassé 40 secondes par réponse à ce point de l’entrevue. La supposée blague est tombée à plat alors que le roi a repris immédiatement sa question interrompant son fou à son tour et laissant ce dernier regarder autour de lui pour chercher vainement un quelconque support à sa blague, le regard embarrassé par l’échec.

Pas facile de faire une vraie blague lorsqu’il n’y a pas de foule avec un directeur qui leur fait signe de rire, ni de rires préenregistrés.

Le danger d’échanger sur les idées?

La question portait sur les échanges faits sur les réseaux-sociaux. La dynamique de ces échanges comportent-elle des dangers?

Plusieurs bons points ressortent de la réponse explicative de Bock-Côté ici. D’abord les réseaux sociaux offre une épée à deux tranchants en ce qu’ils démocratisent la parole publique. Ça permet effectivement à ceux qui n’avaient pas à accès à d’autre média de s’exprimer ainsi que d’accéder à différents courants de pensée, sauf que malheureusement ce que ces réseaux ont de moins positif est le fait qu’ils permettent aussi « l’ensauvagement » du discours public. Ils apportent une tribune, mais ça permet aussi de donner lieu à des campagnes de lynchages, et d’hystériser à temps plein, ce qui fait que chaque jour apporte sa controverse et ainsi une forme de « morale de la dénonciation ».   

(Ajoutons que le fait que Facebook  semble faire de la censure sélective dans ces échanges n’aide pas exactement).

« Je m’indigne donc je suis »

Bock-Côté continue sa parodie de la philosophie des indignés ainsi : « Je m’indigne donc je suis; qui pourrais-je rapporter aujourd’hui? Je veux ajouter ma voix à l’indignation. » Précisons que cette expression désigne habituellement ce qui semble être la devise de certains activistes. C’est en effet le titre du livre d’un certain activiste auto proclamé.

C’est aussi bien entendu un dérivé sarcastique, mais bien pensé, de la fameuse phrase de René Descartes dans laquelle il relate sa vie et la manière dont il a pu s’appuyer sur la certitude de son existence. Il est tristement ironique de penser que plusieurs individus, qui se nomment souvent comme étant des « woke* » semblent presque avoir cette phrase-dérivée comme énoncé pour se définir et pour définir leur raison de vivre.

Soyez indignés, soyez « woke »

Le terme « woke » est apparu durant les années 2010 aux États-Unis, pour décrire un état d’esprit militant et combatif contre (supposément) les injustices sociales et raciales. Les mouvements BLM (« Black Lives Matter ») et les soi-disant S.J.W. (« Social Justice Warrior ») seraient à l’origine de son utilisation. Aujourd’hui même des Québécois francophones radicaux de gauche se complaisent à utiliser ce terme (qui signifie « éveillé ») pour eux-mêmes, non pas sans un orgueil réducteur envers les autres, selon Mathieu Bock-Côté.

Joseph Facal décrivait d’ailleurs son sentiment d’inquiétude face à cette nouvelle mode lors de son tout récent passage à l’émission de télé “Les Francs-Tireurs”.

Pour en apprendre un peu plus sur ce terme et ses adeptes, je vous recommande cet article du journal « Le Monde », intitulé :

Ne soyez plus cool, soyez « woke »

Dans le prochain billet, nous continuerons de voir ce qu’on peut continuer d’apprendre et de comprendre des points apportés dans cette fameuse entrevue.

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