Le retour de l’enfant prodigue. Politique fiction #1

18 février 2021
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Dans mes chroniques “Politique fiction”, je proposerai des scénarios totalement hypothétiques dont la grande majorité ne se réaliseront pas, mais qui valent tout de même la peine d’être analysé. Que ce soit par divertissement ou pour l’exercice d’analyser la politique sous de nouveaux angles.

Mario Dumont fait partie du paysage politique québécois depuis très longtemps. En ce sens c’est désormais l’une des plus vieilles figures politiques de la scène provinciale. D’abord comme jeune rebelle idéaliste à la tête de la commission jeunesse du Parti Libéral du Québec ayant fondé un premier vrai nouveau parti depuis la création du Parti Québécois dans les années 1990, Dumont devient rapidement à pied levé chef de ce parti. Il a la sympathie des citoyens de son comté et obtient son siège à l’Assemblée Nationale à l’âge de 24 ans, un an seulement avant le référendum en 1994.

Le conservatisme n’ayant pas sa place dans les deux grands partis de l’époque, Dumont décide de tolérer les conservateurs à l’ADQ. Ainsi, en été 2002, après un congrès très conservateur, son parti s’envole dans les sondages et Dumont peut enfin rêver à une chance de prendre le pouvoir. Son patinage pour se défendre d’être conservateur durant l’année suivant va dégonfler le momentum adéquiste et il ne fera élire que quatre députés en plus de lui-même en 2003.

Parce que si le conservatisme était toléré à l’ADQ, il n’était pas aimé. Dumont est d’abord et avant tout un libéral qui voulait forcer une cassure avec l’establishment du PLQ. De 2003 à 2007, c’est la traversé du désert pour sa formation politique.

Jusqu’au jour où il prendra dans une entrevue quelques mois avant les élections de 2007 une position bien tranchée, identitaire sans être radicale, sur les accommodements raisonnables. Le parti reprend du momentum et surprend le soir de l’élection alors qu’il devient l’Opposition Officielle dans un gouvernement minoritaire.

Comme en 2002 cependant, sa formation décevra son électorat conservateur lors des 18 mois suivants pour revenir a un statu d’inexistence politique en 2008. La démission de Dumont laisse place à une campagne à la chefferie louche, un chef qui ne reste qu’un seul mois à la tête du parti avant de démissionner en dénonçant son parti à la police et que le chef suivant finisse par vendre le parti à rabais à la toute nouvelle formation politique de François Legault qui avait quitté le PQ auparavant, la Coalition Avenir Québec. La relation de Dumont avec le conservatisme a toujours été beaucoup plus un mariage de raison qu’un mariage d’amour. Le divorce fut rapide et destructeur pour les deux clans.

Mario Dumont à donc vécut à deux moments une possibilité de devenir premier ministre de la province qui lui a glissé entre les doigts lorsqu’il a trompé sa base électorale. Depuis, il continue sa route en commentamt la politique à la télévision et à la radio. Mais on se doute que d’avoir passé si près du pouvoir sans jamais l’atteindre doit laisser une blessure chez cet homme qui a vécut presque toute sa vie de politique.

Un scénario de revanche est-il à sa portée?

Legault et la CAQ a le vent dans les voiles dans les intentions de votes actuelles. Sa gestion de Covid-19 plait à une clientèle très nerveuse (et nombreuse) de la population. De plus, la faiblesse des partis d’opposition, complètement impuissant à critiquer la gestion de la crise de peur de se faire traiter de complotistes donne le champ libre à Legault pour une réélection facile a moins de changements majeurs dans le paysage politique actuel.

La CAQ avec son histoire très courte et sa tendance au culte de la personnalité, typiques aux partis populistes comme le sien, n’a toujours pas identifié de dauphin. Jolin-Barette a disparu depuis 12 mois, Guilbault ne passe pas dans la population, McCann à eu sa chance, Dubuc est ennuyant et n’inspire pas confiance, Fitzgibbon a gardé trop de liens avec le monde des affaires et inspire de grandes apparences de conflits d’intérêts.

Bref, quelques ministres qui font la job, mais pas de successeur potentiel.

Vous avez remarqué que Mario Dumont est depuis le début de la crise un des plus grands porte-paroles du gouvernement Legault? A-t-il vraiment un esprit d’analyse unidirectionnelle comme il le laisse paraitre depuis 12 mois ou est-il plutôt en train de se magasiner un comté facile pour la CAQ aux prochaines élections?

Le plan n’est pas totalement saugrenu. La CAQ devrait réussir à aller chercher un deuxième mandat. Dumont hériterait probablement d’un poste de ministre. Sa notoriété lui donnerait un bon coup de main pour une éventuelle course à la succession de François Legault. Dumont à la tête d’un parti avec l’expérience du pouvoir et des alliés découlant de nominations partisanes dans plusieurs ministères et organismes aurait une chance de réussir son coup après deux tentatives infructueuses.

Son rêve de remettre un parti libéral sans l’establishment libéral au pouvoir serait enfin réalisé.

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Actualités · Politique Fiction · Québec

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