Discours du trône, Québec, 7 octobre 1936

7 octobre 1936
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Honorables Messieurs du Conseil législatif,
Messieurs de l’Assemblée législative,

Il m’est agréable de vous voir réunis pour commencer vos travaux parlementaires. La dernière législature, vous le savez, ayant été dissoute au cours de son unique session et avant l’adoption du budget des dépenses, les nécessités de l’heure exigeaient que vous soyez convoqués dès la rentrée des rapports d’élection. Évidemment, il ne saurait être question, pour les nouveaux ministres, de proposer, dès cette session d’urgence, toutes les réformes sociales ou économiques qu’ils préconisent. Les travaux de la présente session porteront donc sur les crédits à voter pour l’exercice en cours et sur quelques autres mesures des plus pressantes. Pour bien affirmer la primauté du capital humain sur le capital-argent, le gouvernement va s’appliquer à orienter la politique et la législation provinciales vers la protection et la sauvegarde du capital humain.

À la base de son plan de restauration, il entend placer les réformes agraires, parce qu’il considère que l’agriculture et la colonisation constituent les assises les plus solides de tout progrès, économique et moral.

Le ministère se propose de procéder sans retard à un inventaire complet de notre patrimoine provincial, afin d’en connaître exactement la valeur ainsi que les avantages qu’il offre à l’activité des nôtres. Cet inventaire nous mettra à même de surveiller plus étroitement l’exploitation de nos richesses, de diriger à meilleur escient la production industrielle et agricole, de faciliter l’exploitation rationnelle de nos bois, de nos minerais, de nos pêcheries, de notre houille blanche, d’adapter l’industrie, grande et petite, aux ressources et aux besoins particuliers de chaque région. Cet inventaire procurera en même temps du travail à nos jeunes et facilitera l’utilisation de leurs talents et de leurs énergies.

Le gouvernement travaille à résoudre le plus tôt possible le problème angoissant de l’établissement durable des jeunes; il s’emploiera à faire à notre jeunesse la place à laquelle elle a droit dans l’œuvre de développement de notre province, particulièrement dans les nouvelles carrières que l’exploitation de notre domaine minier ne manquera pas de faire naître.

Le ministère sera toujours disposé à protéger les initiatives fécondes du capital sain, comme il reste bien déterminé à réprimer, par tous les moyens à sa disposition, les abus et les excès de la finance.

Il tient particulièrement à ce que les ressources hydroélectriques de la province soient utilisées pour le bénéfice de notre population, à des taux raisonnables et à des conditions qui permettent l’électrification progressive de nos villages et de nos campagnes, car il est d’opinion que les ressources naturelles doivent servir le peuple et non l’asservir.

Déjà le gouvernement a pris des mesures pour alléger la misère de nos chômeurs, pour faire disparaître certaines commissions trop coûteuses, pour mieux coordonner les différents services administratifs, pour restaurer les finances provinciales dont le bon état est essentiel et indispensable à toute réforme, pour assurer des gages et des conditions de vie raisonnables aux travailleurs.

Il se propose de continuer et de poursuivre l’enquête commencée à la dernière session au comité des comptes publics.

Messieurs de l’Assemblée législative,

Le budget des dépenses prévues pour l’exercice en cours vous sera soumis; il vous sera sans doute agréable de voter les crédits demandés.

Honorables Messieurs du Conseil législatif,
Messieurs de l’Assemblée législative,

Vous serez saisis des projets de loi qu’il sera possible au gouvernement d’élaborer et de vous soumettre dès cette session, entre autres: un projet pour autoriser l’établissement d’un crédit agricole provincial; une refonte de la loi électorale, en vue de mieux garantir la libre et consciencieuse expression de la volonté populaire; un projet abrogeant la loi communément désignée sous le nom de « Loi Dillon »; une législation relative aux commissions provinciales; un projet pour améliorer la loi des pensions de vieillesse; un projet pour rendre plus humaine la loi des accidents du travail; un projet interdisant aux ministres de faire partie du conseil d’administration de sociétés commerciales ou industrielles; un projet pour empêcher les abus résultant de la surcapitalisation; un projet abrogeant la loi décrétant la vente obligatoire des immeubles, pour taxes municipales et scolaires.

J’aime à croire que vous apporterez à la discussion de ces questions l’attention et le soin qu’elles méritent et je demande à Dieu de bénir vos travaux et de répandre ses bienfaits sur la province.

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Histoire · Les grosses têtes · Québec

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