Discours du trône, Québec, 26 janvier 1938

26 janvier 1938
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Honorables Messieurs du Conseil législatif,
Messieurs de l’Assemblée législative,

Au moment où vous allez reprendre vos travaux parlementaires, il m’est agréable de constater les heureux résultats des lois que vous avez votées au cours des deux dernières sessions. Ces lois contribuent, dans une large mesure, à l’amélioration des conditions économiques et sociales de notre province.

Le gouvernement sait quels services rendent les différentes professions; aussi entend-il les traiter toutes avec justice. Il a cependant une sollicitude particulière pour la classe agricole; car l’agriculture offre d’incomparables éléments de sécurité et de stabilité, ses progrès sont intimement liés à la prospérité générale, et elle doit être, chez nous, l’industrie fondamentale.

Le crédit agricole que vous avez établi donne aux cultivateurs, qui connaissent déjà des jours meilleurs, de puissants motifs d’espérer, d’avoir foi en leur avenir. Vous serez appelés à placer des sommes additionnelles à la disposition de l’Office du crédit agricole.

Le gouvernement, comme il a commencé de le faire, aidera à la diffusion de l’enseignement agricole, à l’extension d’une saine et libre coopération, au développement de l’industrie laitière, bref à la solution de tous les problèmes qui, depuis plusieurs années, empêchent l’essor de l’agriculture en notre province.

Pour mieux assurer l’expansion de celle-ci, le ministère actuel a pris l’initiative de nouvelles méthodes de colonisation : il fournit des terres libres à nos défricheurs, afin de mieux favoriser leur établissement. Il croit qu’il importe aussi de coloniser de proche en proche, particulièrement de peupler autant que possible les paroisses déjà constituées. Pour lui permettre d’appliquer cette politique, il vous demandera d’autoriser le ministre de la colonisation à établir des cultivateurs et des fils de cultivateurs sur certaines terres inoccupées ne faisant plus partie du domaine public.

La grande importance de l’industrie forestière n’échappe pas aux préoccupations du gouvernement. Celui-ci prendra, comme il en a déjà pris, des mesures appropriées afin d’assurer à la fois la stabilité de cette industrie et une exploitation profitable pour notre province, en particulier pour nos ouvriers, qui jouissent maintenant de meilleures conditions de travail.

Le gouvernement s’occupera d’améliorer le sort des institutrices de nos écoles rurales, sans obérer le budget des municipalités scolaires.

Conscient de la valeur de l’enseignement à tous ses degrés, il vous demandera de contribuer à l’établissement d’écoles moyennes d’agriculture et de subventionner l’École supérieure de commerce de Québec. Il vous invitera en outre à voter les crédits nécessaires au perfectionnement de notre enseignement technique industriel, avec le dessein particulier de former une main-d’œuvre experte pour nos filatures.

Le développement minier, qui a récemment pris beaucoup d’ampleur dans le Nord, contribuera non seulement à ramener la prospérité en notre province, mais en même temps à ouvrir de nouvelles carrières à notre jeunesse, dont l’avenir intéresse beaucoup le gouvernement. C’est pourquoi vous serez saisis d’un projet autorisant la création d’une école des mines à Québec sous la direction de l’Université Laval.

Les conditions de nos pêcheries se sont beaucoup améliorées depuis un an, grâce aux efforts du ministère, et celui-ci continuera d’aider les pêcheurs à rendre leur industrie plus rémunératrice.

La nécessité d’un bon réseau routier est indéniable, tant au point de vue agricole qu’au point de vue commercial et touristique. Vous serez donc invités à autoriser la mise à exécution d’un plan d’ensemble de chemins à construire et à restaurer.

Le ministère se préoccupe toujours du sort des chômeurs. Il a mené jusqu’ici une lutte vigoureuse contre les effets de la dépression, et c’est son intention de prendre et de favoriser les initiatives qui pourront fournir à ceux qui sont sans emploi toutes les occasions possibles de travailler

Il veillera, comme par le passé, à l’exécution des lois sociales en vigueur, et il ne négligera aucun des moyens à sa disposition pour aider le capital et le travail à collaborer sincèrement et pour établir entre eux le règne de la justice et de la charité.

Il ne saurait être question de transiger avec le communisme. Aussi la lutte engagée contre cet ennemi de nos institutions et de nos traditions sera poursuivie avec énergie. Pour mieux assurer le succès de cette lutte, notre police de sûreté, dont l’efficacité, lassait à désirer, a été réorganisée. Une loi vous sera proposée à ce sujet, ainsi que plusieurs autres se rapportant à la bonne administration de la justice.

Vous serez invités également à venir de nouveau en aide à la petite propriété, ce facteur de paix sociale et de progrès.

Le gouvernement continuera d’appliquer les mesures nécessaires pour que nos ressources naturelles, particulièrement nos ressources hydro-électriques, se développent de façon rationnelle et à l’avantage de la province et de sa population.

Dès que le comité d’étude de notre fiscalité et le comité de refonte de nos lois générales auront présenté leurs rapports, des législations appropriées vous seront soumises.

Vous serez appelés, en outre, à légiférer sur plusieurs questions d’intérêt public concernant les différents services de l’administration.

Le gouvernement du Québec est heureux de coopérer avec celui de l’Ontario à la solution des problèmes qui leur sont communs, car il considère que cette coopération est dans le meilleur intérêt des deux provinces et du pays tout entier.

Messieurs de l’Assemblée législative,

Les comptes publics du dernier exercice vous seront soumis. Il vous plaira sans doute de constater que les revenus ordinaires ont excédé les dépenses dites ordinaires et se sont considérablement accrus, bien que nos lois d’impôt n’aient pas été modifiées.

Le gouvernement se propose de poursuivre l’enquête commencée au comité des comptes publics.

Le budget des dépenses prévues pour le prochain exercice sera déposé et je vous prie de bien vouloir le voter.

Honorables Messieurs du Conseil législatif,
Messieurs de l’Assemblée législative,

Vous apporterez, je n’en doute pas, aux nombreuses questions dont vous serez saisis toute l’attention qu’elles méritent. Je demande au Ciel de bénir vos travaux, afin qu’ils contribuent à la prospérité de notre province et au bonheur de sa population.

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Histoire · Les grosses têtes · Québec

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