Débats des Candidats à la Chefferie du P.C.Q. : mon opinion.

13 mars 2021
417
Views
Plus de publications

Je connais un peu les deux candidats à la chefferie du Parti Conservateur du Québec pour les avoir rencontré et discuté avec chacun à quelques reprises et donc je n’ai aucun parti pris envers un plus que l’autre. J’avoue que le débat en question m’est apparu comme plus intéressant que l’on aurait pu s’attendre. (Lien au bas de l’article.)

Introduction

À la question : qu’auriez-vous fait de différent dans la gérance de la pandémie actuelle, Éric Duhaime avait le premier mot. J’ai cependant trouvé qu’il s’en est tenu davantage à dire ce que le gouvernement actuel a fait de mauvais selon lui, plutôt que de réellement dire ce que lui aurait fait.

Daniel Brisson a aussi souligné de telles fautes, mais il a aussi ajouté des choses qu’il aurait faites différemment. On remarque aussi qu’il prend d’emblée un ton plus à l’aise avec la notion de « débat ». Un ton qui montrait une certaine aisance et qui donnait une idée du caractère qu’il saurait bien exprimer s’il détenait un siège à l’Assemblée nationale. Cette force de caractère m’est apparue évidente tout au long du débat alors que le ton de Éric ressemblait plus à celui qu’il prend comme animateur de radio. Ce n’est pas une faute grave, mais sur ce point l’avantage va indéniablement à Daniel Brisson.

Les Syndicats

Sur la question des syndicats et de l’éducation. Brisson est ferme sur le fait qu’une meilleure collaboration des syndicats avec les bâtisseurs, en dehors du simple fait de toujours revendiquer, est essentielle. Duhaime ayant écrit un livre sur le sujet des syndicats au Québec était bien placé pour en parler aussi. Les deux candidats ont soulevé des points très importants, tels que l’utilisation constante de l’argent des membres à des fins de partisanerie politiques qui ne représentent PAS forcément les choix des dits-membres et donc qui ne respectent ni ces derniers, ni le vrai mandat que sont censé avoir ces syndicats. Les deux opposants sortent gagnants de cette partie du débat et offrent franchement une excellente approche dont le Québec a bien besoin et dont la province dans son ensemble profiterait grandement.

Sur la question de la langue

Passant du sujet des syndicats à celui de l’éducation était abordé le sujet délicat de la langue. Là on est arrivés à notre premier réel point de discorde.

Duhaime tient à protéger le français en faisant davantage en ce sens en ce qui touche à l’éducation scolaire. Avouons que ce ne serait pas un luxe. Seulement il ne semble pas d’accord avec Brisson qui pour sa part souhaite un accès plus libre à des cégeps anglophones. Je trouve louable que Éric souhaite protéger le français au Québec avec une vision de la province comme étant le phare de la francophonie en Amérique du Nord, mais de là à empêcher le libre-choix de choisir d’aller aux Cégeps anglais?!? Cet empêchement ne semble pas du tout refléter le respect des droits et libertés d’un parti qui se prétendrait être un phare de droite au Québec!?!

Autre point où Duhaime semble errer est lorsque Daniel Brisson dit à quel point l’anglais est important comme langue pour faire affaire avec les compagnies en dehors du Québec. Duhaime lui répond que le pourcentage d’emplois exigeant de l’anglais n’est pas si élevé (pas plus de 1 % à Québec selon lui). Or, cette pensée est fallacieuse. La question n’est pas uniquement l’utilisation actuelle de l’anglais, mais celle pour l’économie à l’avenir. Je m’explique : à cette époque de « start-ups », de décentralisation des marchés, de travail en ligne et par internet, l’économie du Québec se jouera de plus e plus en passant par l’anglais. Un entrepreneur aujourd’hui vise à étendre sa portée au-delà de la province et pour ça, il doit pouvoir échanger en anglais, comprendre des instructions en anglais, etc., et cette utilisation de l’anglais dans notre économie rapporte à TOUT le Québec et donc à tous les Québécois, y compris ceux qui n’utilisent uniquement que le français pour leur propre travail.

La différence entre nos deux candidats sur le sujet est donc que les deux reconnaissent l’importance du français, mais seul Daniel Brisson croit que l’on peut prioriser le français sans pour autant brimer le droit de choisir des électeurs en ce qui concerne leur éducation.

La question de la liberté de choix

Ici je tiens à ajouter une note que je trouve très importante étant moi-même un défenseur de la liberté de choix en éducation : Éric a dit que les parents qui veulent envoyer leurs enfants à l’école anglaise n’ont qu’à aller vers le secteur privé, et pour justifier ça il a sorti la vieille excuse de gauche : « ce n’est pas aux contribuables de payer pour ceux qui choisissent ça ».

Or, jamais cette vieille phrase ne tient compte que ceux qui envoient leurs enfants vers l’école privée sont DÉJÀ AUSSI des contribuables à 100 %! Ils paient AUSSI leurs taxes et leurs impôts au même titre que tous les autres EN PLUS de débourser un gros surplus pour ce droit de choisir le type de programme scolaire qu’ils souhaitent pour leurs enfants. Le présent chef du P.C.Q. Adrien Pouliot a déjà reconnu que ceux qui doivent avoir le dernier mot sur le choix d’éducation qu’ils veulent pour leurs enfants sont… LES PARENTS!

Je demande à Éric Duhaime de bien réfléchir à la question ici : si dans un deuxième débat la question est posée, reconnaitra-t-il le PLEIN droit à la liberté d’éducation tel que le Parti Conservateur du Québec l’a fait (et inclut dans sa plateforme électorale) dès sa toute première année d’existence?

Espérons qu’une telle question de base sera posée à nouveau dans une future rencontre. M. Brisson pourrait poser la question lui-même au besoin.

Je crois que si M. Duhaime prend le temps d’y réfléchir, il pourrait passer la liberté des citoyens avant sa vision de la francophonie (toute bonne soit-elle). On peut encourager et même prioriser le français sans forcément « tasser » et stigmatiser l’anglais.

La question d’un référendum

Je terminerai avec un mot rapide sur le sujet d’un hypothétique référendum, car c’est probablement le sujet qui a été le plus discuté depuis la publication de ce débat : on parle ici du fait que là où Daniel Brisson s’est clairement prononcé contre la séparation du Québec, Éric Duhaime lui a eu plus de difficulté à être aussi précis sur la question. Il a dit qu’il ne souhaitait pas un référendum, mais le modérateur a du répéter la question à maintes reprises, car le candidat semblait vouloir éviter de se prononcer contre une éventuelle séparation du Québec d’avec le reste du Canada. Encore une fois : peut-être se ravisera-t-il dans un deuxième volet? Souhaitons que les organisateurs reviennent aussi avec cette question, car pour plusieurs électeurs elle n’est pas anodine.

À savoir ce qui serait leurs priorités les plus importantes s’ils étaient élus les deux candidats se sont pas mal rejoints sur la majorité des enjeux pressants, dont, pour Brisson, l’aide aux PME plutôt qu’aux grosses entreprises. Rappelons qu’effectivement ce sont les PME et non les grosses entreprises qui demeurent le principal moteur de l’économie du Québec.

Mon verdict

Je dois répéter ma surprise sur le ton utilisé par Daniel Brisson qui me semblait plus expérimenté comme débatteur. Éric Duhaime pour sa part a connu le micro public d’une manière particulière a plutôt ressemblé à un animateur de radio qui débattrait avec un invité ou comme chroniqueur d’opinions à la télévision. Pour ce type d’évènement, je donnais donc un léger, mais net avantage à Brisson.

 Aussi ce dernier a montré des évidences d’une préparation supérieure. Sa connaissance de certains dossiers et ses anecdotes ont semblé mieux préparées alors que Éric a semblé davantage se fier à son talent et son expérience comme étant suffisants pour tirer son épingle du jeu. Est-ce une fausse impression? L’important est que justement tout dans ces débats repose sur « l’impression » qu’on laisse et c’est l’impression que ça m’a laissé.

Ceci dit la différence était légère et aucun des deux candidats n’a eu l’air incompétent par rapport aux attentes qu’on peut avoir face au poste qu’ils convoitent. Vous écoutez d’autres chefs de partis régulièrement dans les médias et leurs propos ne semblent pas plus pertinents que ceux de nos deux aspirants.

Je me dois pourtant de donner un certain avantage à Daniel Brisson. Pour moi il est sorti gagnant du débat. Ses vues et ses énoncés étaient clairs, contrairement à ceux de Éric qui l’étaient moins sur certains points. Aussi par moment ce dernier prenait parfois un ton de légère panique (« Voyons donc; kossé ça? ») qu’on n’entend pas chez des politiciens plus expérimentés. (Attention, je ne prétends pas que j’aurais fait mieux.) Donc, ici aussi avantage Brisson.

Là où je trouve que Éric a brillé, c’est lorsqu’il a su nous offrir sa vision d’un Québec-phare, d’une nation distincte en Amérique du Nord et – sujet de la séparation mis à part – ce n’est pas dans tous les débats politiques qu’on entend ce genre de vision alors que pourtant ça devrait. Le jour où Adrien Pouliot a été nommé chef du P.C.Q. il avait lui aussi présenté la vision d’un Québec prospère et solide. Nos deux candidats auraient intérêt à se monter une telle description de leur vision pour le parti de même que pour leur province.

En attendant un deuxième volet à ce débat, je donne Daniel Brisson gagnant ici. Il avait plus à gagner qu’à perdre, avouons-le, et je pense que c’est exactement ce qu’il a réussi à faire.

Ceci dit :

Contrairement à ce qu’un débat semblable laisse souvent penser, ces deux hommes ont beaucoup plus de points qui les unissent que de points qui les séparent. En entendant ces deux candidats, on se dit que le P.C.Q. gagnerait grandement à voir ces deux leaders travailler ensemble, peu importe celui des deux qui deviendra chef. Brisson avait déjà envisagé la chefferie à l’époque d’Adrien Pouliot et avait su montrer qu’il est assez engagé pour collaborer même lorsqu’il ne conduit pas le conducteur de la barque. J’ose espérer que si Duhaime ne remporte pas la position de chef, il demeurera au sein du parti au moins jusqu’au moment des prochaines élections, car il conserverait quand même de bonnes chances d’obtenir un siège à l’Assemblée nationale.

Le P.C.Q. avec Éric Duhaime et Daniel Brisson ayant chacun un siège pour s’exprimer à Québec; y pensez-vous? Juste avec ces deux députés, le résultat révolutionnerait le futur de ce parti.

Historiquement le parti Québec Solidaire a toujours gagné à avoir plusieurs leaders et portes-paroles devant les médias, si Éric Duhaime et Daniel Brisson se retroussent les manches pour travailler ensemble à la suite des choses, le P.C.Q. pourrait en surprendre plus d’un.

(Cliquez ici pour le lien vers l’entrevue)

Article Categories:
Actualités · Conservatisme · Médias mainstream

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.