À droite avec Captain America

9 février 2021
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Dans le film « Batman : The Dark Knight » (celui marqué par le jeu légendaire de Heath Ledger dans le rôle du Joker), Batman révèle un programme qui espionne les téléphones cellulaires de 30 millions de personnes. Son assistant lui explique à quel point cela est mal. Le sombre héros dit à son assistant de détruire le programme… après qu’il s’en sera servi pour trouver la cachette du Joker. La prémisse, ici, étant que cette fois, la fin justifiait le moyen utilisé.

Flash-forward vers la réalité

Ce film fictif a été produit en 2008. Or, 5 ans plus tard, soit en 2013, Edward Snowden révélait au monde que les services de surveillance des États-Unis utilisent une méthode d’espionnage étrangement semblable au nom de… la sécurité nationale. À ce jour Edward Snowden est considéré comme un traitre; j’ai un peu tendance à le voir comme un héros. Qu’en est-il vraiment?

La justification classique pour l’utilisation de méthodes que l’on pourrait juger abusives est généralement que pour assurer la sécurité, « la fin justifie les moyens ».

Difficile de dire si c’est vrai ou faux, je crois que nous pourrions à tout le moins dire que ça relève du cas par cas, mais sommes-nous prêt à donner une confiance aveugle au gouvernement pour utiliser en guise de justification ce principe pour transgresser la Constitution quand bon lui semble?

Arrive le Capitaine America

Une situation similaire se présente dans le film « Capitaine America : le Soldat de l’Hiver ».

Nick Fury, l’omniprésent manitou du superservice de sécurité fictif du film, présente à « Cap » une nouvelle génération d’engins reliés par satellites et équipés d’un système de détection par algorithmes des gens qui représenteraient un danger dans le futur. Immédiatement, Cap note que ceci revient à accuser les gens avant qu’ils aient commis un crime.

Ceci est l’équivalant d’une vieille question philosophique qui est la suivante :

— Si vous pouviez reculer dans le temps jusqu’à l’époque où Adolf Hitler était encore un bébé sans défense dans un berceau; le tueriez-vous sur place, sachant que ça sauverait plusieurs millions de vies dans le futur que de tuer ce bébé qui est pourtant encore innocent et n’a encore jamais pensé à faire de mal à qui que ce soit?

Certains diront oui et d’autres diront non, car il serait immoral de tuer ce qui est tout de même un bébé innocent.

Ici c’est donc encore une fois la question : est-ce que la fin justifie toujours les moyens? Et votre réponse dépendra de vos principes.

Une question de principe

Le Capitaine America est un homme de principes et son principe premier, sa mission de vie, a toujours été de protéger la liberté. Il pointe donc les engins de Nick Fury et lui dit : « Ce que je vois ici, ce n’est pas la liberté; c’est la peur. »

Fury lui dit qu’il fait ça pour la sécurité des gens. Cap lui réponds avec dédain : « En pointant une arme sur chaque personne de la planète?!? »

Pour Fury, la fin justifie les moyens. Le Capitaine America étant venu au monde au tout début des années 1920, il voit clair dans la mauvaise évolution des choses. Il a connu une Amérique libre. Il est capable, dans son discernement, de comprendre que plus le gouvernement prends de place et se donne de pouvoir au nom de la « sécurité » des gens, et plus les gens perdent de libertés en retour. C’est le même paradoxe que celui mis en lumière par Edward Snowden.

(En passant : Obama étant le président des États-Unis à l’époque, il a signé un papier interdisant l’utilisation de ces méthodes. Sérieusement, combien d’entre vous croient vraiment qu’il a réellement changé quoi que ce soit?)

Tony Stark et la morale questionnable

Tony Stark le personnage est un ingénieur. Pour lui ce qui compte est le résultat final. Contrairement au Capitaine, il croit que la fin justifie toujours les moyens. Il est un futuriste. Comme la plupart de ces derniers, il est passionné par le développement de l’intelligence artificielle. Il utilise déjà une I.A. pour maximiser sa productivité et l’efficacité de son armure. Cependant lui aussi est aveuglé par l’ambition et son projet de « sécurité » pour le monde est de construire, comme il le dit, « une armure autour de la planète ». (Dans « Avengers : L’Ère d’Ultron ».)

Seulement voilà, sachant que son projet ne fera pas l’unanimité il choisit de cacher la vérité à ses amis. Après tout, c’est pour la « protection » (encore ce mot) et la fin justifie les moyens, n’est-ce pas? On avait déjà vu dans le premier Avengers que Nick Fury avait caché sa véritable raison pour capturer le méchant « Loki » : se servir du « Téssérac » pour construire une nouvelle génération d’armes. Ce secret déplut énormément au Capitaine, bien entendu.

Un gouvernement avec trop de pouvoir

Finalement, dans le film qui suit chronologiquement ceux mentionnés jusqu’ici : « Capitaine America : Guerre Civile », notre héros conservateur fait encore face à son ami contrôleur alors que celui-ci prend la part du gouvernement qui souhaite imposer un contrôle étatique sur les gens comme lui. On lui demande même de signer un engagement d’obéissance sous peine de conséquences.

Cap comprend le danger d’un gouvernement qui se donne trop de pouvoir tout comme il sait que cela enlève de la liberté à chaque fois.

Il souligne aussi le fait que de tels papiers sont écrits par des gens qui ont des agendas. Avoir un agenda est différent d’avoir des principes car, et c’est ce qu’il souligne; « Des agendas, ça change continuellement ».

Or, des principes, ça ne change pas, et le Capitaine est un homme de principe. Par exemple pour lui on ne fait pas aux méchants ce qu’eux voudraient nous faire sinon on descend à leur niveau et donc on n’est plus mieux qu’eux. C’est aussi ce principe qui distingue Charles Xavier de Magneto dans la série de films des « X-Men ».

L’importance des principes de base

Tony souligne à Cap le fait qu’il a choisi de cesser de fabriquer des armes lorsqu’il a réalisé qu’elles étaient utilisées de manière destructive. Le Capitaine revient au principe de base : la liberté de choix.

« Tu as fait ce choix, mais nous si nous signons ce document, nous abdiquons notre droit de choisir. »

C’est en comprenant les bases des droits et libertés que nous pouvons comprendre la différence entre ces droits inhérents et ceux qui n’en sont pas vraiment :

Parmi eux on entend souvent réclamer des :

— « Droit » à l’éducation (gratuite).

— « Droit » à des soins de santé gratuit.

— « Droit » à avoir un toit au-dessus de la tête et un repas chaud sur la table. Etc., etc.                                                                                                                                                                                                                          (J’en passe beaucoup.)

Le problème avec ces pseudodroits est que chacun d’eux implique par définition que quelqu’un d’autre se sacrifie pour les fournir, ce qui fait donc que ces « autres » sont sous obligation et donc ils ne sont plus libres eux-mêmes.

Or il est vrai que le droit de l’un s’arrête là où celui de l’autre commence, c’est ici que les pseudodroits se dévoilent généralement comme n’étant pas réels. Certains clameront par exemple : « Ton droit de parole va à l’encontre de mon droit à ne pas t’entendre. »

Vous voyez le paradoxe dans cette phrase? Le premier droit mentionné est réel, le second – ce « droit de ne pas entendre » – n’existe pas. Si tu es ailleurs que chez toi, dans un endroit public, et que tu n’aimes pas ce que tu entends, ton droit réel est celui de changer d’endroit; ça, personne ne peut t’obliger à demeurer sur place pour entendre ce que tu ne souhaites pas entendre, mais tu n’as pas le droit de faire taire l’autre.

En conclusion

Le Capitaine America est un patriote conservateur. Il défend la liberté et est attaché à sa nation, et non à un gouvernement. Il respecte les autorités lorsqu’elles agissent bien et les remet en question si elles agissent à l’encontre des droits des citoyens et de leurs libertés, car il comprend que celles-ci sont rendues possibles par le sacrifice de ceux qui prennent des risques pour les défendre.

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux » (Citation apocryphe attribuée à Benjamin Franklin, homme politique, scientifique et père fondateur des États-Unis.)

Je bouclerai cette boucle en revenant à Edward Snowden, un de ces héros modernes des droits et libertés — les vraies — qui a déclaré :

« Je suis prêt à sacrifier tout cela parce que je ne peux, en mon âme et conscience, laisser le gouvernement américain détruire la vie privée (un droit de base), la liberté d’Internet (qui entre dans la liberté d’expression, de communication, ainsi que la liberté de presse) et les libertés essentielles des gens du monde entier avec ce système énorme de surveillance qu’il est en train de bâtir secrètement. »

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Conservatisme · Patriotisme

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